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21 mai 2026 – Chèques-repas : les principaux enseignements chiffrés et qualitatifs de notre enquête

La CODEF a mené une enquête auprès de ses membres afin de mieux comprendre les pratiques actuelles en matière de chèques-repas, les freins rencontrés et l’intérêt pour une éventuelle démarche collective. Au total, 73 organisations ont répondu, sur environ 550 organisations membres, soit un taux de participation d’environ 13 %. Ces résultats doivent donc être lus comme une photographie indicative des pratiques des répondants, et non comme une représentation exhaustive de l’ensemble du réseau.

Les répondants reflètent une grande diversité sectorielle. Le secteur socio-culturel représente la part la plus importante de l’échantillon, avec 27 répondants, soit 37 %. Viennent ensuite l’aide et soins et l’environnement, avec chacun 8 répondants, soit environ 11 %, puis l’action sociale, avec 7 répondants, soit près de 10 %. Au total, 19 domaines d’activité sont représentés dans l’enquête.

L’enquête confirme également le poids des petites structures au sein des répondants. 50 organisations, soit 68,5 %, comptent entre 1 et 9 salariés. 19 organisations, soit 26 %, comptent entre 10 et 49 salariés. Seules 4 organisations, soit 5,5 %, comptent entre 50 et 99 salariés. Cette donnée est importante, car elle influence directement la capacité des organisations à négocier seules des conditions avantageuses auprès des prestataires. Pour de nombreuses structures, les enjeux ne sont donc pas seulement financiers : ils sont aussi administratifs, organisationnels et liés au manque de temps disponible en interne.

Concernant l’octroi des chèques-repas, près de 6 répondants sur 10 déclarent en octroyer actuellement. Parmi ces organisations, l’avantage est souvent installé depuis plusieurs années, ce qui montre qu’il est devenu, pour une partie du secteur, un élément stable de la politique salariale. À l’inverse, un peu plus de 4 répondants sur 10 n’en octroient pas, principalement pour des raisons budgétaires, mais aussi en raison d’un manque d’information ou d’une crainte liée à la charge administrative.

Les objectifs poursuivis sont principalement liés au soutien salarial. Parmi l’ensemble des répondants, 17 organisations, soit 23,3 %, citent la compensation salariale comme objectif principal unique. D’autres associent cette compensation à l’attractivité/recrutement ou à la fidélisation. Les chèques-repas apparaissent donc avant tout comme un outil concret de soutien au pouvoir d’achat, dans un contexte où les marges budgétaires restent souvent limitées.

Les pratiques d’octroi sont généralement inclusives. Dans la majorité des structures concernées, les chèques-repas sont accordés à l’ensemble des travailleurs. La plupart des répondants n’imposent ni condition d’ancienneté, ni seuil minimal de temps de travail. Le télétravail ou les prestations hors site n’ont, dans presque tous les cas, pas d’impact sur l’attribution de cet avantage. Ces résultats sont importants dans un secteur où le temps partiel est fréquent et où les équipes sont souvent composées de profils variés.

L’inclusion varie toutefois selon les statuts. Les travailleurs sous CDD sont inclus par 30 organisations sur 43, soit 69,8 %, et partiellement par 2 organisations, soit 4,7 %. En revanche, les travailleurs intérimaires sont moins souvent couverts : 29 organisations sur 43, soit 67,4 %, déclarent ne pas les inclure. Les stagiaires et contrats spécifiques sont également majoritairement exclus : 33 répondants sur 42, soit 78,6 %, indiquent ne pas leur octroyer de chèques-repas.

Sur les montants, les situations sont très variables. Certaines structures appliquent des montants élevés ou proches du maximum possible, tandis que d’autres restent à des montants plus limités. Cette diversité reflète les réalités budgétaires contrastées du secteur associatif. Les observations libres confirment que l’instabilité financière reste une préoccupation majeure pour plusieurs répondants : même lorsque l’intérêt pour les chèques-repas existe, la capacité à les financer durablement reste une question centrale.

16 organisations, soit 37,2 %, déclarent une intervention correspondant à l’ancien plafond légal de 6,91 €. 4 organisations, soit 9,3 %, indiquent appliquer le nouveau plafond de 8,91 €. D’autres se situent entre ces montants ou à des niveaux inférieurs : 8 organisations, soit 18,6 %, déclarent une intervention comprise entre 4 € et 6,90 €, et 8 organisations, soit également 18,6 %, une intervention inférieure à 4 €. Enfin, 5 répondants, soit 11,6 %, ne savent pas ou ne donnent pas de montant chiffré.

L’un des enseignements les plus importants de l’enquête concerne les frais liés aux chèques-repas. Parmi les organisations qui octroient cet avantage, plus de 8 sur 10 déclarent payer des frais de gestion à leur émetteur. Ces frais prennent des formes variées : frais à la commande, au chargement, frais proportionnels, forfaits, abonnements ou frais liés aux cartes. Cette diversité rend les comparaisons difficiles entre prestataires et entre contrats.

La visibilité sur le montant exact de ces frais reste limitée. Parmi les répondants ayant donné des éléments chiffrés, certains mentionnent des frais en pourcentage, allant de 1,32 % à 10,29 % du montant commandé ; d’autres évoquent des frais fixes, compris entre 3,08 € et 12,90 € selon les cas. Surtout, près d’un tiers des répondants concernés indiquent ne pas connaître ou ne plus connaître le montant exact de leurs frais. Pour les frais annexes, liés notamment aux cartes, aux remplacements ou aux livraisons, la lisibilité est encore plus faible. Ce manque de transparence constitue donc un résultat important de l’enquête : la question ne porte pas seulement sur le montant accordé aux travailleurs, mais aussi sur le coût global réel du dispositif pour l’employeur.

Les volumes déclarés confirment l’enjeu pour les petites structures. Parmi les organisations qui octroient des chèques-repas, 15 structures, soit 34,9 %, comptent entre 1 et 5 bénéficiaires. 14 structures, soit 32,6 %, comptent entre 6 et 10 bénéficiaires. Autrement dit, 67,4 % des répondants concernés ont 10 bénéficiaires ou moins. De même, 19 organisations, soit 44,2 %, commandent entre 1 et 50 chèques par mois, et 12 organisations, soit 27,9 %, entre 51 et 150 chèques par mois. Au total, plus de 72 % des répondants concernés commandent donc moins de 150 chèques par mois.

Ces faibles volumes peuvent réduire la capacité de négociation individuelle des ASBL, en particulier lorsque les frais sont fixes ou facturés par commande. Pour une petite organisation, un frais fixe peut représenter un coût proportionnellement plus lourd que pour une structure plus importante.

Sur le plan administratif, les résultats sont plutôt rassurants : la majorité des organisations concernées estime que la charge administrative est faible ou très faible. Les difficultés mentionnées portent surtout sur les corrections liées aux absences, aux entrées et sorties du personnel, aux délais de traitement, aux commandes, aux chargements ou encore au support en cas de problème de carte. Les réponses qualitatives montrent donc que la charge administrative n’est pas toujours lourde au quotidien, mais qu’elle peut devenir problématique dans certaines situations précises, notamment lorsque les équipes RH ou administratives sont réduites.

La satisfaction globale vis-à-vis des émetteurs actuels reste élevée : la très grande majorité des répondants attribue une note de 7/10 ou plus. Cela indique que les membres sont globalement satisfaits du fonctionnement quotidien du service. En revanche, cette satisfaction ne signifie pas nécessairement que les conditions financières sont optimales ou bien comprises. Lorsqu’on leur demande ce qui devrait être amélioré, la réponse est très claire : 35 répondants sur 43, soit 81,4 %, souhaitent avant tout une réduction des frais. La simplification administrative, la flexibilité et le support sont également cités, mais beaucoup moins fréquemment. La demande prioritaire porte donc clairement sur le coût et la lisibilité financière.

L’intérêt pour une démarche collective portée par la CODEF est également très marqué. Parmi les organisations concernées, 25 répondants, soit 55,8 %, se disent intéressés par une mise en concurrence organisée ou portée par la CODEF. 16 répondants, soit 39,5 %, répondent “peut-être”. Seuls 2 répondants, soit 4,7 %, répondent “non”. Cela signifie que plus de 95 % des répondants concernés sont ouverts, au moins potentiellement, à une démarche collective.

Les formes d’engagement souhaitées montrent une préférence pour une approche progressive et volontaire. Parmi les répondants intéressés, 68 % souhaitent recevoir une offre-type non contraignante. 60 % seraient prêts à rejoindre un accord-cadre à adhésion volontaire. 56 % seraient prêts à donner mandat à la CODEF pour négocier. 40 % envisageraient de participer à un groupement de commandes.

Enfin, parmi les organisations qui n’octroient pas de chèques-repas, le principal frein est le coût. Sur les répondants concernés, 17 organisations, soit 60,7 %, citent un budget insuffisant. 8 organisations, soit 28,6 %, évoquent la complexité administrative ou le manque d’informations. Cela montre que l’absence de chèques-repas n’est pas uniquement liée à un choix de principe : elle est souvent liée à des contraintes financières ou organisationnelles.

Lorsqu’on leur demande si elles seraient susceptibles d’octroyer des chèques-repas si une solution collective réduisait les frais et la charge, 37 organisations, soit 50,7 %, répondent “oui”, et 22 organisations, soit 30,1 %, répondent “peut-être”. Au total, plus de 80 % des répondants pourraient donc envisager l’octroi de chèques-repas dans le cadre d’une solution collective plus avantageuse ou plus simple. Cela montre que l’absence de chèques-repas n’est pas nécessairement liée à un manque d’intérêt, mais souvent à des contraintes économiques ou organisationnelles

En conclusion, l’enquête confirme plusieurs enseignements. Les chèques-repas sont déjà largement présents parmi les répondants et constituent un avantage apprécié pour soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs. Les frais liés à ce dispositif sont fréquents, mais encore trop peu lisibles pour de nombreuses organisations. Les petites structures semblent particulièrement concernées, car leurs faibles volumes réduisent leur capacité de négociation individuelle. Enfin, une démarche collective portée par la CODEF suscite un intérêt important, à condition qu’elle reste volontaire, transparente et concrètement avantageuse pour les membres.

En bref :

⏺️ Les chèques-repas sont déjà bien présents parmi les répondants : près de 6 organisations sur 10 en octroient actuellement.

⏺️ Ils sont principalement utilisés comme un outil de soutien au pouvoir d’achat, mais aussi comme levier d’attractivité et de fidélisation.

⏺️Les pratiques d’octroi sont généralement inclusives : la plupart des structures concernées n’imposent ni condition d’ancienneté, ni seuil minimal de temps de travail.

⏺️ Le principal point d’attention concerne les frais : plus de 8 organisations concernées sur 10 déclarent payer des frais de gestion, mais ceux-ci restent souvent difficiles à identifier précisément.

⏺️ Les petites structures sont particulièrement concernées, car les faibles volumes de bénéficiaires ou de commandes réduisent leur capacité de négociation individuelle.

⏺️ Malgré une satisfaction globale élevée envers les émetteurs actuels, la réduction des frais est l’amélioration la plus attendue par les répondants.

⏺️ Une démarche collective portée par la CODEF suscite un intérêt important, à condition qu’elle reste volontaire, transparente, simple et réellement avantageuse pour les membres.

⏺️ Pour les organisations qui n’octroient pas encore de chèques-repas, les principaux freins restent le coût, la complexité administrative et le manque d’information.